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Les enfants face à la mort: ces réactions qui surprennent…

Les enfants face à la mort: ces réactions qui surprennent…

Les réactions des enfants face à la mort peuvent aussi surprendre. Car contrairement aux adultes, ils ne restent pas en permanence dans la tristesse.

Ils peuvent pleurer intensément, puis retourner jouer quelques minutes plus tard. "Les enfants passent d'une émotion à l'autre beaucoup plus facilement que nous", observe l'animatrice bénévole du groupe Tournesol,

"Le jeu leur permet de réguler ce qu'ils ressentent."

Pour un adulte, ce basculement rapide peut donner l'impression que l'enfant n'a pas compris tout le drame de la situation ou (pire) qu'il a déjà tourné la page… alors qu'en réalité, il s'agit simplement d'une autre manière de traverser l'émotion.

L'importance d'en parler à l'école

Le deuil peut également créer un sentiment de décalage à l'école. Les camarades ne savent pas toujours comment réagir. Certains se montrent très empathiques, d'autres prennent leurs distances. "Il arrive même que des enfants pensent que la mort est contagieuse, raconte la bénévole. Ils se disent que si cela arrive à la famille d'un camarade, cela pourrait arriver à la leur." Et si ces réactions peuvent sembler dures, elles traduisent surtout l'absence de repères face à un sujet rarement abordé à un si jeune âge.

Ce qui aide vraiment

Face au deuil d'un enfant, il n'existe pas de solution miracle. Mais certaines attitudes font la différence : répondre aux questions, autoriser les émotions, continuer à parler de la personne décédée.

Les rituels peuvent également jouer un rôle important : regarder des photos, évoquer des souvenirs, se rendre sur un lieu symbolique. Ces gestes permettent de maintenir un lien avec la personne disparue et d'intégrer progressivement la perte.

"Ce qui fait le plus de mal, c'est le vide, résume Marie Mercenier. Tant que l'enfant peut poser des questions, discuter de la situation et sentir qu'il n'est pas seul, il trouve peu à peu ses propres ressources pour avancer."

Dans une société où la mort est toujours largement taboue, ces conversations restent parfois difficiles à avoir - mais pour les enfants qui traversent le deuil, elles sont essentielles. Car comprendre, pour eux, est déjà une manière de commencer à réparer.

Le groupe Tournesol, un espace pour les enfants endeuillés

Installé à Ottignies, dans le Brabant wallon, le groupe Tournesol accompagne les enfants de 5 à 12 ans confrontés à la perte d'un proche. L'initiative s'inscrit dans le cadre de l'association Vivre son deuil et parents désenfantés et repose sur l'engagement de bénévoles formés, souvent eux-mêmes passés par l'expérience du deuil.

Les enfants participent à un cycle de six ateliers, organisés entre octobre et mai, en petits groupes de quatre à huit participants. L'objectif n'est pas uniquement de parler : les animateurs utilisent aussi des supports comme les Lego, le dessin ou la pâte à modeler pour aider les enfants à exprimer ce qu'ils ressentent et à comprendre ce qu'ils vivent.

Ces rencontres offrent un espace rare : un lieu où les enfants peuvent poser leurs questions, partager leurs émotions et découvrir qu'ils ne sont pas seuls à traverser cette épreuve.

Aujourd'hui, l'association souligne toutefois un manque : il n'existe pas encore de groupe spécifique pour les préadolescents, une tranche d'âge où les besoins d'accompagnement sont pourtant bien réels.

Caroline Beauvois, Journaliste - L'Avenir