En plus de donner vos organes, vous pouvez aussi donner votre corps à la science après votre décès. Les corps sont indispensables pour l’évolution de la médecine et de la recherche scientifique. « Les étudiants sont de plus en plus nombreux. Par conséquent, le besoin de corps à des fins de recherche augmente aussi », déclare le docteur Aron De Smet du laboratoire d’anatomie et embryologie humaines de l’hôpital universitaire de Gand.
Ces corps sont indispensables pour :
• La formation pratique des futurs médecins, chirurgiens et professionnels de la santé.
• Le développement de nouvelles techniques chirurgicales.
• La compréhension approfondie de l'anatomie humaine.
• Les avancées en recherche sur diverses maladies.
Bien que le don de corps à la médecine et à la science soit d’une aide inestimable, peu de gens y consentent. La demande est importante, mais un certain tabou plane encore sur le don du corps. Cependant, la science ne s’arrête pas. Il est donc important que nous disposions de suffisamment de corps. Le nombre de dons acceptés dépend des besoins pédagogiques, des critères de sélection du laboratoire et des capacités de prise en charge.
En Belgique, le don du corps à la science ne se fait pas par testament olographe, mais par une déclaration écrite distincte, signée et datée, selon la procédure propre au centre universitaire concerné. Toute personne majeure peut, en principe, décider de faire don de son corps à la science après son décès, sous réserve d’acceptation par l’institution choisie et du respect de ses conditions administratives et médicales.
Pour ce faire, il faut généralement :
• Remplir une déclaration de don de corps ou un formulaire spécifique fourni par le laboratoire ou l’université.
• Envoyer le document au laboratoire d’anatomie et d’embryologie humaines compétent, en conservant une copie pour la famille ou les proches.
• Informer clairement ses proches de cette volonté, car leur intervention est nécessaire au moment du décès.
Au moment du décès, il est crucial que la famille soit informée et qu’elle respecte les dernières volontés du défunt :
• Alerte du laboratoire : la famille doit avertir le laboratoire dès que possible après le décès.
• Transfert du corps : le délai dépend du centre universitaire et des circonstances du décès ; il n’existe pas une règle unique de 48 heures valable dans tous les cas.
• Volonté de la famille : le Dr De Smet insiste sur ce point : "Ce n'est pas parce que le défunt fait don de son corps à la science que le corps nous est amené immédiatement après le décès. C'est à la famille de respecter ou non le souhait du défunt." Dans la pratique, si les proches ne contactent pas rapidement le centre ou si les conditions ne sont pas remplies, le don peut ne pas être accepté.
• Conditions d’acceptation : les laboratoires peuvent refuser un corps dans certaines situations, par exemple en cas d’état du corps incompatible avec l’enseignement ou la recherche, de certaines maladies transmissibles, ou lorsque les conditions logistiques ne permettent pas la prise en charge.
L’enseignement médical et les études anatomiques peuvent durer un à plusieurs ans. Après cette période, les restes sont restitués à la famille selon les modalités prévues par l’institution, pour inhumation ou crémation.
Le don de corps à la science est un héritage précieux qui contribue directement à sauver des vies et à améliorer la santé de demain. C’est un acte altruiste qui mérite d’être mieux connu et plus largement soutenu en Belgique.
Votre conseiller Nécrologies